Assistants Familiaux : Les bases

SAF/TSAF : ce qu’il faut savoir

Il n’est pas besoin d’avoir un problème avec l’alcool pour donner naissance à un enfant qui présentera des TSAF. Une consommation de 2 verres par jour, dite « raisonnable » pour une femme non enceinte est une consommation à risque de TCAF pour une femme enceinte.

Il peut s’agir aussi d’une maman « festive » qui ne s’alcoolise qu’en soirée ou, cas le plus fréquent, qui ne boit que de la bière et n’a pas conscience de consommer de l’alcool …

Il peut aussi s’agir d’une grossesse imprévue ou qui se révèle tardivement, vers le deuxième mois de grossesse.

Quand une femme enceinte consomme des boissons alcoolisées, l’alcool traverse la barrière placentaire et expose le fœtus au même niveau d’alcoolémie que sa mère, alors que son foie est immature et incapable de métaboliser la molécule. A tous les stades de la grossesse, l’alcool affecte le bon développement du futur bébé, et surtout de son cerveau.

Le terme « Troubles du Spectre de l’Alcoolisation Fœtale » (TSAF) regroupe l’ensemble des malformations physiques, troubles cognitifs et comportementaux rencontrés chez les enfants qui ont été exposés à l’alcool avant leur naissance.

Le Syndrome d’alcoolisation Fœtale (SAF), visible à la naissance, en est la forme la plus complète (mais la moins fréquente) qui se traduit par un retard staturo-pondéral, un petit périmètre crânien et des malformations faciales caractéristiques, associés à des déficits cognitifs et des troubles comportementaux.

Mais les cas les plus fréquents (au moins 3 quart des cas), sont des TSAF sans malformations, donc invisibles à la naissance. Les troubles cognitifs et comportementaux se révèleront au fur et à mesure de la croissance de l’enfant, notamment lors de l’entrée à l’école.

Les dommages les plus importants, sont ceux, irréversibles, causés au cerveau de l’enfant en développement. Ces lésions neurologiques se rencontrent avec une même gravité chez les enfants avec un SAF ou des TSAF.

On entend souvent : « cet enfant n’a pas le faciès caractéristique, ses difficultés ne peuvent pas venir d’une exposition à l’alcool pendant la grossesse« . C’est une erreur très courante. Pour la grande majorité des enfants présentant des TSAF il n’existe aucune malformation physique, d’où le terme de handicap invisible. Malheureusement les troubles qu’ils développeront seront aussi graves que pour un SAF, mais ils seront plus difficilement diagnostiqués, personne ne pensant à les relier à une possible exposition prénatale à l’alcool.

Pour en savoir plus : TSAF: Présentation

Fréquence en population générale et en familles d’accueil

  • Malgré l’absence de données chiffrées précises, en France, la fréquence des TSAF est estimée à 1% des naissances, soit environ 8.000 enfants par an. Parmi celles-ci, on estime que 800 enfants au moins présentent un SAF. L’exposition intra utérine à l’alcool est la première cause de handicap mental non-génétique en France, devant l’autisme.
  • SAF et TSAF sont très fréquents chez les enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance. Nous ne disposons pas de données chiffrées en France, mais selon des données américaines et canadiennes, on trouve chez les enfants placés 10 à 15 fois plus d’enfants affectés par une exposition prénatale à l’alcool que dans la population générale et aussi 10 fois plus d’enfants SAF que dans la population générale. Il n’y a pas de raison pour que cela soit très différent chez nous.
  • Les enfants de l’ASE présentant des TSAF sont le plus souvent peu ou mal diagnostiqués. Il y a confusion entre le symptôme et la cause : Ils sont diagnostiqués TDA/H ou atteints de troubles DYS, alors que ces troubles peuvent être des conséquences des TSAF.
  • Si l’histoire familiale de l’enfant dont vous avez la charge est marquée par des addictions (alcool, drogues), celui-ci a beaucoup plus de risques de développer des TSAF. Aux USA, 75% des enfants placés ont une histoire familiale marquée par la maladie mentale et par l’abus de drogues et d’alcool.

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