
De par sa fonction, il est du devoir d’un(e) assistant(e) familial(e) d’observer l’enfant accueilli. Cette place privilégiée auprès des enfants est surtout due au fait que l’assistant(e) familial(e) vit 24h/24h avec eux, au contraire des autres intervenants liés au placement. Cette proximité permet de constater que les problèmes rencontrés peuvent être traités grâce à la reconnaissance d’une pathologie et d’obtenir de l’aide pour de meilleurs suivis et prises en charge du placement.
Beaucoup de problèmes liés à une alcoolisation fœtale sont identiques aux problèmes liés au placement (trouble de l’attention/retard de croissance/problèmes affectifs). Il ne faut donc pas se focaliser sur le placement mais observer les problèmes et peut-être envisager des TSAF.
Des difficultés d’apprentissages ou de comportement doivent attirer votre attention. Plus précisément (et selon l’âge de l’enfant) en ce qui concerne les :
Il faut être particulièrement vigilant lorsqu’on sait que la maman a consommé des boissons alcoolisées pendant sa grossesse.
Ecoutez l’enfant, son histoire, si vous avez la possibilité de rencontrer les parents, écoutez leur « histoire », leur quotidien. Cela vous paraîtra anodin mais cela peut apporter de nombreuses informations auxquelles on ne pense pas forcément (ex : déni de grossesse pour cet enfant/ état dépressif avec prise d’alcool et médicaments pendant la grossesse/ parents participants à des soirées alcoolisées, …).
L’assistant familial n’est pas un médecin il ne lui appartient donc pas de poser un diagnostic, mais il peut légitimement avoir une action de repérage. S’il constate un faisceau d’indices convergents parmi les éléments précédemment cités, il peut évoquer une possibilité d’alcoolisation fœtale et suggérer à son équipe pluridisciplinaire de lancer une démarche de diagnostic complète.
L’assistant familial n’est pas détenteur de l’autorité parentale et de ce fait n’a aucun pouvoir de décision directe par rapport à un enfant accueilli. Mais, son statut lui permet de rapporter oralement ou (mieux) par écrit, les constatations liées à un accueil auprès du référent de l’enfant et, suivant les départements, aussi auprès du référent SAFI (service d’accueil familial immédiat).
Ecoutez aussi les autres partenaires liés au placement (référent/éducateur): Ils s’opposeront peut-être à votre suggestion, probablement par manque de connaissance de ce sujet. Peu ou pas informés, les travailleurs sociaux se sentent démunis face à cette pathologie. En tant qu’assistant familial il vous est possible de parler du SAF autour de vous, d’informer les professionnels de la gravité des problèmes et de les inciter à s’informer, par exemple auprès de « Vivre avec le SAF ».
Selon la gravité des atteintes, élever un tel enfant est un véritable parcours du combattant pour tous les parents : c’est épuisant, on a souvent l’impression d’être dépassé par ces comportements qu’on ne comprend pas. Il arrive fréquemment que les familles d’accueil ne s’en sortent pas. Epuisées, elles risquent de faire une rupture de contrat et de rendre l’enfant aux services sociaux. Ballotés de familles en familles, ces enfants risquent de perdre définitivement leurs repères, leur estime d’eux-mêmes et de s’enfoncer dans les difficultés.
Un enfant placé atteint de TSAF est souvent un enfant mal compris. Son comportement est souvent pris pour de la mauvaise volonté, de la provocation, ou, dans le cas des enfants ayant fait l’objet d’un placement suite à un jugement, comme le résultat d’une éducation familiale défaillante.
Ces conséquences ne sont pas rares : sans accompagnement adapté, elles surviennent dans plus de la moitié des cas.
De plus, passés 18 ans, les enfants placés sont « lâchés dans la nature », avec l’arrêt brutal de toute aide.
Dans le cas des enfants avec un SAF ou des TSAF, à la scolarité plus que chaotique, seuls ceux souhaitant terminer un parcours scolaire (CAP par exemple) pourront éventuellement profiter des contrats jeunes majeurs. Mais ces aides, prolongeant l’accompagnement des jeunes jusqu’à leurs 21 ans, sont peu attribuées, faute de moyens.
Dans notre pays, on estime que près d’un SDF de moins de 30 ans sur quatre est un ancien enfant placé.
Combien de cas de SAF/TSAF parmi eux ?


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