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SAF: ça bouge après Envoyé Spécial!

Après le reportage de FR3 Normandie des 9 et 10 septembre dernier et le reportage sur "alcool et grossesse d'Envoyé Spécial sur France 2, madame Catherine Troallic, Députée de Seine Maritime, a vivement réagi en envoyant une lettre à Marisol Touraine, Ministre de la santé...

Voici le contenu de la lettre, que vous trouverez aussi ICI et

"Madame la Ministre, 

En France, chaque année 8000 enfants souffrent de troubles liés à la consommation d'alcool de leur mère pendant la grossesse. Cet alcoolisme fœtal provoque des lésions irréversibles sur le cerveau de l'enfant, des malformations physiques, des retards sur le plan intellectuet et affectif, des troubles du comportement et des difficultés d'apprentissage. Tous ces élements ont un impact négatif sur l'évolution de la personnalité de l'enfant et sur son avenir. Les familles se retrouvent souvent impuissantes face à ces difficultés. 

Sensibilisée à ce sujet par Monsieur BUSSON, habitant de ma circonscription et père biologique d'une petite fille atteinte de ce syndrome, je partage son inquiétude ainsi que celle de nombreuses familles. Etant confronté à une impuissance face aux difficultés de son enfant, il s'est impliqué dans l'association « Vivre avec le SAF » qui permet aux familles d'unir leurs forces et d'essayer d'obtenir une reconnaissance de l'alcoolisation fœtale comme véritable handicap et surtout comme un handicap évitable. 

Et pourtant, ces catastrophes pourraient être évitées. Aujourd'hui, compte tenu de l'absence de démonstration de l'existence d'un seuil de consommation d'alcool et de répercussion sur le fœtus, le principe de précaution est la non consommation totale d'alcool pendant la grossesse. Le message sur la toxicité de l'alcool pendant la grossesse est pourtant quasi inexistant : malgré l'adoption du logo en 2005 apposé sur les bouteilles d'alcool, l'arrêté ministériel impose peu de contraintes quant à sa 'lisibilité. Récemment, un reportage d'Envoyé Spécial montre, qu'en dépit de ce qu'on pourrait Croire, les Français sous esåment les dangers de l'alcool pendant la grossesse. L'étude réalisée par BVA pour I'lnpes en juin 2015 pour la Journée de Sensibilisation au syndrome d'alcoolisation fœtale, présente des résultats inquiétants sur les connaissances et la perception des risques de la consommation d'alcool pendant la grossesse. En effet, seulement 25 0/0 de la population affirment que toute consommation d'alcool pendant la grossesse comporte un risque pour l'enfant. 

Il en va de la responsablitité des pouvoirs publics d'informer le consommateur sur la toxicité du produit consommé. Il me semble que l'Etat doit développer ses campagnes d'information à ce sujet avec un message de type « l'alcool est nocif pour le bébé » comme le font déjà nos voisins des pays du Nord, et également un message fort sur les conséquences au quotidien pour l'enfant mais aussi pour la famille. 

Il faut par ailleurs sensibiliser les professionnels - médecins généralistes, gynécologue, sagesfemmes — Dès lors qu'un diagnostic peut être posé, la prise en charge précoce de l'enfant est plus facile et l'évolution de la maladie moins importante. 

Je souhaiterais donc vivement avoir votre avis sur ce sujet et savoir quelles sont les mesures prises par le gouvernement afin d'informer les Français et combattre certaines idées reçues. Les professionnels impliqués dans le suivi des femmes enceintes sont-ils assez informés au repérage de la consommation d'alcool et à l'orientation à proposer ? Les structures spécialisées pour faire diagnostiquer et suivre les enfants sont-elles en nombre suffisant ? 

Connaissant votre sensibilité sur les sujets de santé publique, je suis persuadée que vous prendrez les dispositions nécessaires afin que le combat de ces familles soit reconnu. 

Vous remerciant, par avance, de la bienveillance avec laquelle vous considèrerez cette démarche, je vous prie d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de ma très haute considération.

Catherine Troallic"


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oct. 9, 2015 Catégorie : Au jour le jour Posté par : Vivre avec le SAF